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Biographies
Écrit par Tsaag Valren   
Mardi, 29 Décembre 2009 18:06
Article Index
Pierre Dubois
Carrière et écritures
L'elficologue et ses révoltes
Bibliographie complète
Ressources de l'aspirant elficologue
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Pierre Dubois écrivant, photo de Claudine Glot

 

Né le 19 juillet 1945 à Charleville, Pierre Dubois est, à l'instar des créatures qu'il aime tant étudier, totalement inclassable : un peu auteur de grande hauteur (combien de fois lui a t'on dit qu'il ressemble au géant Hagrid ?) refusant de se voir sur un piédestal, un peu scénariste de bandes dessinées, un peu écrivain, toujours conteur et farceur ! S'il est à l'origine du retour des fées et du petit peuple dans les littératures de l'imaginaire, c'est à force de passion et d'opiniâtreté, mais aussi parce que l'elficologie est une bonne blague à l'origine.

Reconstituer son parcours est aussi compliqué que le définir : Pierre est devenu illustrateur après quelques années aux beaux-arts, avant de rassembler ces légendes locales qu'il a restitué dans ses inoubliables chroniques radio et télévisées, plus de trente ans durant. Quand le premier album de bande dessinée qu'il scénarise est publié en 1986, c'est pour un simple succès d'estime. Heureusement, les encyclopédies des fées, des lutins et des elfes, résultats d'une vingtaine d'années de recherches et parues dans les années 1990, lui ont fait gagner la reconnaissance qu'il mérite.

Depuis, il a marqué bon nombre d'œuvres par son érudition et son humour, qu'il s'agisse de livres d'art, d'encyclopédies, de nouvelles, de recueils de contes pour les adultes ou les enfants... avant d'ouvrir la voie à ceux qui suivent les pistes buissonnières de l'elficologie...

S'agissant d'une biographie complète, elle est divisée en trois parties qui aborderont successivement sa jeunesse, sa carrière radio/TV/BD, puis l'elficologie. Deux annexes, la bibliographie et les sources en ligne, complètent le tout.

 

1e partie : Des Ardennes à Valenciennes Monthermé, photo de Adri 08, licence GFDL

Pierre aime parler de son enfance et sa première bonne blague réside dans le simple fait d'être né à Charleville, alors située en Zone Nord. Il reste « belge » pendant deux ans, jusqu’à la Quatrième République.

S'il passe la première partie de sa vie près de la forêt ardennaise, c'est pour baigner dans le légendaire, s'ensauvager et croiser « l'esprit du lieu ».

Mais ses parents déménagent dans le Nord, à

Valenciennes : finis la forêt, les nutons, les makralles et les fleurs gigantesques ! Pierre passe une enfance « contemplative et solitaire », il évoque souvent l’arrière-cuisine de sa maison du nord, qui côtoie le jardin et sert de buanderie. Le poêle faisait naître des dessins éphémères, chevaliers, dragons, sorcières...

La lecture, les images et la musique deviennent son refuge lorsqu'il ne retourne pas en vacances dans les Ardennes, à Monthermé. Son père, dessinateur industriel très sérieux et souvent absent, lui interdit la lecture, les bandes dessinées et le cinéma qu'il juge inutiles. Dans les années 1950, c'est sa mère qui l'emmène discrètement dans les salles obscures le jeudi pour voir Robin des bois, les Tarzan ou encore Ivanhoé. Dès que Pierre apprend à lire, il tente de retrouver l'ambiance de ces films d'aventures qu'il aime tant. 

La bande dessinée et la lecture, c'est sa culture de contrebande... il lit ce que sa mère lui achète en cachette, comme Buffalo Bill de René Giffey.

L'école ? Quelle horreur !

Pierre DuboisPierre commence à écrire et dessiner par amour du cinéma, et pour la liberté de raconter ses propres histoires. N'allez pas croire toutefois qu'il était l'élève modèle ! « Trop d'imagination », « hors sujet », ses professeurs le voient en échec, mais sûrement pas en artiste. Sauf quelques uns... notamment cette dame qui l'appelle « Petrus Barbygère » parce qu'il lui dit souvent :

Quand je serai grand, j'aurai de la barbe !

Pierre avoue lui-même que ses parents ignorent où l'envoyer finir ses études. C'est alors qu'il veut

devenir tueur à gages et, à quinze ans, déclare qu'il sera édité par Jean-Jacques Pauvert ou personne.

Puisqu'il ne s'intéresse qu'à l'art tout en détestant l'école, Pierre est inscrit aux beaux-arts de Valenciennes, où il apprend le dessin et la gravure. Encore étudiant, il rédige à la plume d'oie un manuscrit sur parchemin couvert de cuir, qu’il fait parvenir à Jean-Jacques Pauvert. Essuyant une lettre de refus, il reprend tout son catalogue à la main en entier, en le décorant d’enluminures, sur du carton à dessin moucheté de vert et de noir avec des signets en herbe. Pauvert accepte de le recevoir, mais Pierre refusant de donner son unique exemplaire, l'éditeur lui conseille de revenir quelques années plus tard.

Des rencontres décisives

Pierre Dubois à Provins en juin 2010

Il arrête tôt ses études pour se consacrer entièrement à l'art, d'abord en illustrant des magazines comme Eerie et Creepy. Les temps sont durs et Pierre peine à trouver du travail. Heureusement, une bonne fée s'est penchée sur son berceau quelques années auparavant, et lui fit lire La Malvenue, un roman de Claude Seignolle. Lorsqu'il effectue son service militaire à Épernay, Pierre rencontre la fille du folkloriste Van Gennep alors qu'il commence à s'intéresser aux légendes locales. Elle lui conseille de parler à Seignolle, ce dernier lui transmet sa passion des contes et légendes tout en lui permettant d'illustrer ses œuvres. Plus tard, Pierre rencontre Gilles Lapouge et s'intéresse étroitement aux vieux métiers, aux contes populaires, aux folklores et univers merveilleux. Il se met à sillonner les campagnes pour collecter des légendes dans les dernières contrées qui abritent le Petit Peuple et les Grandes Personnes... auprès des sorciers et des rebouteux ! À l'époque, il s'habille en noir, porte les cheveux longs et se promène avec un corbeau nommé Nao sur l'épaule. Recueillir les témoignages, consulter les ouvrages oubliés dans les bibliothèques autour du monde, tout celà lui prend dix ans.

Au retour de chacune de ses expéditions, il rédige sur parchemin, à la plume d'oie. Pierre a toujours écrit à la main car c'est ainsi, dit-il, que la magie opère...



 
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