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La véritable histoire des martiens PDF Imprimer Envoyer
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Du mythe au populaire
Écrit par Tsaag Valren   
Jeudi, 19 Novembre 2009 04:29

 

Martien

 

L'image que nous avons des martiens est surtout celle des « petits hommes verts » vaguement humanoïdes et particulièrement repoussants avec leur grosse tête aux yeux globuleux posée sur un corps mince. Longtemps connus pour être animés de mauvaises intentions envers l'espèce humaine, ils sont devenus une espèce de blague pour se moquer des extraterrestres au fil du temps. Ce qui fait que l'on connait de moins en moins la longue histoire martienne, celle qui s'inscrit dans les livres d'histoires et pas dans les (excellents) romans de Bradbury ou de Kim Stanley Robinson. L'origine des martien remonte à l'antiquité, où l'on associait déjà le dieu de la guerre à la planète rouge...

La planète mars fut depuis l'antiquité associée aux divinités, entre autres le dieu, Arès/Mars qui lui a donné son nom. Planète rouge, elle se vit naturellement attribuer très tôt une symbolique guerrière, et ce, chez de nombreux peuples dont les mythologies faisaient aussi  de Mars le monde natal d'animaux fantastiques et d'êtres fabuleux. La montée du rationalisme au XIXe siècle est fatale à de nombreuses légendes, mais la connaissance de l'univers et de l'astronomie faisait en même temps réfléchir sur les possibilités de vie en dehors de notre Terre...

Les canaux martiens

La découverte des « canaux martiens » en 1877, par l'astronome Giovanni Schiapparelli est une part importante du folklore lié à cette planète. Ayant remarqué de curieuses lignes à la surface de Mars en l'observant avec un téléscope, il fut le point de départ de légendes à propos d'une espèce extraterrestre intelligente vivant sur Mars, qui y aurait bâti un ouvrage artificiel ressemblant à des canaux. Plus tard, l'astronome Camille Flammarion observa la planète Mars depuis un observatoire à Juvisy-sur-Orge et vit les mêmes lignes à la surface de Mars. Il émit alors l'hypothèse que ces canaux avaient été construits par des martiens. C'est en suivant cette idée que Percival Lowell fit construire un observatoire à Flagstaff et observa longuement ces fameux « canaux ». Il ne compta pas ses heures pour en dénombrer des centaines et affirma dans son étude que non seulement les canaux étaient l'œuvre des martiens, mais aussi, et surtout, qu'ils avaient été créés pour lutter contre la désertification de la planète, en acheminant la glace des calottes polaires vers les terres équatoriales desséchées. L'idée devint rapidement très répandue à la fin du XIXe siècle, il faut attendre 1909 et les travaux d'Eugène Antonialdi pour que le mythe des canaux se brise, l'observation de ces fameux "canaux" à la surface de la planète n'étant due qu'à la mauvaise qualité des instruments d'astronomie. L'idée de canaux construits par des martiens resta néanmoins très ancrée, et la croyance en une espèce intelligente vivant sur Mars ne s'est jamais éteinte depuis 1877.

La communication avec les martiens

De nombreuses tentatives de communication avec les martiens sont attestées. Dès les années 1850, la doctrine spirite connut un certain succès et ceux qui pensaient que les martiens étaient médiums ou télépathes tentèrent de les contacter grâce au spiritisme. La voyante Hélène Smith serait ainsi entrée en communication avec des martiens et décrivit très précisément les paysages de Mars, les martiens, et la langue martienne. En 1902, Carl Gustav Jung rédigea la thèse Psychologie et pathologie des phénomènes dit occultes en décrivant les transes médiumniques d'une jeune femme qui voyait de nombreux canaux et des martiens montés sur des machines volantes, expliquant ce cas par une dissociation de la personnalité.

La communication martienne n'est pas qu'une affaire d'ésotérisme, car la science s'en est étroitement mêlé. Dans les années 1890, des « flashs » à la surface de Mars sont interprétés comme étant des signaux de fumée émis par les martiens et en 1895, le New York Herald annonce que le mot Shajdai, - Dieu en Hébreu - est visible dans un dessin de la surface martienne réalisé en 1890. francis Galton proposa d'utiliser des miroirs en 1892, pour envoyer des messages aux martiens, d'autres de tracer des messages en lettres géantes dans les sables des déserts comme le Sahara. Le célèbre savant Nikola Tesla intercepta des signaux en provenance de Mars en 1901, et proposa la construction d'un poste radio interplanétaire pour dialoguer avec eux. En 1908, William Pickering proposa d'utiliser d'immenses miroirs paraboliques pour focaliser la lumière émise par des lampes électriques sur la surface martienne, afin que les martiens nous aperçoivent. En 1919, Guglielmo Marconi capta des émissions radios apparemment venues de l'espace. Il annonça qu'ils provenaient de la planète Mars. En 1924, l'armée et la marine américaine profitèrent d'un passage de Mars au plus proche de la Terre pour écouter d'éventuels signaux radios émis par les martiens.

Fictions martiennes

Dans les années 1930, la croyance en l'existence de martiens ressemblant à des hommes verts monstrueux était très courante, et la diffusion radiophonique de La guerre des mondes d'H. G. Wells en 1938 déclencha une véritable hystérie collective, de nombreux auditeurs croyant que le terre était réellement attaquée par des martiens. Depuis, les connaissances astronomiques n'ont fait que se perfectionner et aucune preuve scientifique irréfutable n'a étayé l'existence d'une espèce extraterrestre intelligente sur Mars. C'est donc la littérature de science-fiction qui s'est emparée du folklore martien, outre H. G. Well qui décrit l'invasion de la Terre par des martiens montés sur des tripodes de métal, Une princesse de Mars, roman d'Esgar Rice Burroughs paru en 1917, raconte l'histoire d'un capitaine qui découvre Mars habitée par des extraterrestres dont certains on quatre bras et la peau verte, et a surement contribué à forger l'image des "petits hommes verts". Les chroniques martiennes, un immense cycle de science fiction de ray Bradbury paru en 1950, décrit des martiens confrontés à un cataclysme, et la saga martienne de Kim Stanley Robinson raconte la terraformation de cette planète, ces deux cycles étant à la fois les plus connus et les plus aboutis sur le sujet. Depuis, les martiens ont perdu de leur sérieux, et furent même de plus en plus parodiés : après le personnage de cartoon Marvin qui passe son temps à essayer de conquérir la terre et le roman parodique Martiens, Go Home !, c'est Mars Attacks qui a fait rire le monde entier sur les méchants petits hommes verts ! Rien n'ayant prouvé l'existence d'une civilisation martienne aussi avancée que la nôtre, si les martiens existent, il faut soit en déduire qu'ils n'ont pas dépassé le stade de la bactérie, soit qu'ils sont tellement plus évolués que nous que nous ne sommes pas encore capables de les voir. Auquel cas, sans doutes préfèrerint t-ils être vus comme de grands comiques que d'affreux conquérants. Et comme disaient deux grands penseurs... :

- Foutaises, ces OVNI ! S'il y avait une autre espèce intelligente dans l'univers, elle nous contacterait !

- C'est peut-être parce qu'elle est intelligente qu'elle ne nous contacte pas...

Voir aussi l'article Wikipédia sur le martien que j'ai créé moi-même.

 

 
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