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Printemps des Légendes 2012 : compte-rendu, et rendez-vous conte réussi ! PDF Imprimer Envoyer
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Ardennes
Écrit par Tsaag Valren   
Mardi, 17 Avril 2012 09:48

 

Affiche PDL

 

Le Printemps des Légendes s'est, pour sa troisième année d'organisation (par Hervé Gourdet et l'association la Nef des fées) et malgré un passage en bisannuel, imposé comme LE second rendez-vous féerique et légendaire franco-belge, le pendant en quelque sorte du festival Trolls et Légendes de Mons. Il a souffert cette année d'une météo exécrable, où le vent le disputait à la pluie et un froid quasi-polaire - le camp arthurien s'en souvient ! Pas de quoi entamer le moral de chacun ni empêcher 5000 visiteurs de se déplacer voir une vingtaine d'auteurs, 35 illustrateurs, conteurs, musiciens et le camp arthurien !

Parmi ces invités, les très attendus :

*Pierre Dubois, que l'on reconnaît de loin à sa barbe, sa moustache et ses habits de pirate bien sûr, mais aussi à la longue, loooongue file d'attente pour ses dédicaces - il faut dire qu'il est gentil et particulièrement chaleureux, mais aussi qu'il prend le temps discuter longuement en réalisant ses dédicaces illustrées.

*René Hausman, illustrateur belge qu'on ne présente pas, après des décennies de BD.

*Claudine Glot, présidente du centre de l'imaginaire arthurien, qui s'investit activement pour la forêt de Brocéliande et son légendaire, et écrit pour notre plus grand plaisir !

*Bernard Sergent, président de la Société de Mythologie Française et éminent historien dont c'est, à ma connaissance, le premier salon du genre.

*Albert Moxhet (prononcé "Mohè"), auteur du livre Ardennes et Bretagne, les sœurs lointaines, et donc à l'origine du thème du festival.

*Bruno Brucéro, plus jeune que tous les précédents, lui aussi très demandé, il se trouve toujours parmi les derniers à quitter la salle de dédicaces.

Ces deux jours (et demi !) de rencontres et de naissances de projets, mais aussi de découvertes et de collaboration sont un vrai succès, que voici que voilà en détail raconté...

Vendredi 13 : Bayard, cheval de légende et prix Oriande

Revue de presse : Bayard ouvre le Printemps des légendes et La remise des prix Oriande

Photo ci-dessous : prise par Eve McTelenn, pendant la présentation de l'expo Bayard.

Présentation expo Bayard Le Printemps des Légendes a toujours une préquelle avant son ouverture officielle, cette fois à Bogny-sur-Meuse, haut lieu des Quatre fils Aymon et du cheval Bayard. L'exposition Bayard, cheval de légende, réalisée par Hervé Gourdet et moi-même, s'est ouverte à 18 heures avec une petite présentation publique guidée - qui paraît-il s'est bien passée ! Suit la remise des prix littéraires de féerie Oriande (avec un peu de retard cause qui s'est prolongée), et que voilà :

*Brulot le dragonneau de valérie Francès, aux éditions Argemmios, prix du livre illustré pour enfants

*Le Livre de Saskia de Marie Pavlenko, prix du roman de féerie

*Le magicien et le golem de Philippe H. Besancenet, prix du roman jeunesse de féerie.

*Gothic Faeries de Séverine Pineaux, prix du live illustré

*René Hausman, prix de l'illustration pour l'ensemble de son œuvre

*Albert Moxhet, prix du meilleur auteur pour Ardennes et Bretagne, les sœurs lointaines.

Les prix en eux-mêmes, splendides sculptures représentant la fée locale Oriande, sont toujours aussi beaux. Une session de musique irlandaise et bretonne anime ensuite le café Blossette de Monthermé pour la soirée.

Nathalie Dau, l'éditrice de Brulot le dragonneau

 Samedi 14 : Ouverture du camp arthurien

Revue de presse : Les prix scolaires et Les trois coups du printemps des Légendes

Et c'est parti ! Sur un samedi frisquet mais restant pour l'instant supportable, le camp arthurien déploie ses troupes et son talent, bientôt maires et hommes politiques (actualité oblige !) parcourent le festival divisé en deux grands "points de rencontre" : le Cosec, avec les auteurs et illustrateurs de féerie et de légendaire ainsi qu'un point conte comme voici deux ans, et les alentours de l'Abbaye de Laval Dieu, avec notamment le concert de harpe d'Eve Mc Telenn, l'expo vampires de Lawrence Rasson, le centre arthurien (organisant tournoi pour les enfants, rencontres avec Arthur et Guenièvre, contes, et une partie de leur expo permanente figure dans une salle au sommet de l'abbaye), parmi eux, tant et tant de gens bien que je ne puis tous les citer !

(photo ci-contre : Nathalie Dau, l'éditrice de Brulot le dragonneau, prix Oriande du livre illustré jeunesse 2012). 

Entre les deux, le marché féerique (également médiéval) relativement bien achalandé. Les possibilités de placement sur ces lieux ont toutefois un petit défaut qui gêne la visibilité du festival : depuis la rue, rien ou presque n'est visible (sauf un chalet, le coin repas et une ou deux échoppes), ce qui a probablement fait croire à certains visiteurs que le Printemps des Légendes est "tout petit" ! L'autre petit reproche, commun à quasi-tous les festivals, concerne les repas sur place : patates, frites, saucisses, jambon grillé, soit plats (cacasse à cul-nu !) et desserts (tarte au sucre) locaux dans ce cas, bien mais pour ceux qui restent du vendredi au dimanche soir, l'absence totale de légumes verts est devenue insupportable !

Photo ci-dessous : Jim Colorex, l'un des nombreux illustrateurs présents.

Jim Colorex, l'un des nombreux illustrateurs présents

 

Conférence Ardennes-Bretagne

La conférence Ardennes-Bretagne, animée à 11 heures par Claudine Glot, Pierre Dubois, Albert Moxhet et Olivier Rime, reste marquée comme un moment de forte émotion car permettant de mettre en lien la fragilité de ces deux forêts, l'une sous la menace nauséabonde d'un centre d'enfouissement de déchets, l'autre peu à peu ratiboisée et vidée de ses beaux chênes (même centenaires), lesquels seraient d'après les Ardennais vendus aux Chinois, changés en meubles et re-vendus en France ! Après quoi l'ONF planterait des pins qui assèchent le sol... en fait de conférence sur les points communs entre le légendaire ardennais et le légendaire breton, le tout est devenu un véritable appel à aimer et protéger toutes les forêts, qu'elles soient ardennaises, bretonnes ou d'ailleurs, et surtout à en finir avec la peur de la nature, celle qui pousse à vouloir tout "aménager", cimenter, barrierer, goudronner, empanneauter, couper et replanter à intervalles réguliers, finalement domestiquer la nature, tuant du même coup l'esprit du lieu et la rêverie à laquelle il invitait...

Dans l'après-midi, Arfhëll lutin, Claudine Glot et Séverine Pineaux vont à leur tour partager plus longuement leurs talents respectifs ! Suit un récital de harpe celtique par Eve Mc Telenn, la remise des prix scolaires du festival par Claudine Bortolussi, présidente (et bretonnante !) de la Nef des fées, et une rencontre avec l'illustrateur breton Bruno Brucéro. En somme, une journée bien chargée ! Le tout rythmé par la présence permanente de Maxence des Oiseaux (dont je connaissais le côté "elfico-musicologue" mais pas le penchant pour la vie en camp néolithique et gaulois), d'autres musiciens et d'autres conteurs...

Bien qu'il flotte sans discontinuer de 15/16 heures jusqu'au soir. Une autre session de musique irlandaise et bretonne s'ouvre à 19H à l'hôtel-restaurant les boucles de Meuse, où étaient logés une partie des invités du festival. Un peu plus tard, un spectacle thématique "Ardennes et Bretagne" commence avec Eve Mc Telenn, le conteur Tortequesne, deux musiciens bretons, un accordéoniste et un guitariste.

Dimanche 15 : Le bagad, le défilé, et Graziella Fanfan !

Revue de presse : Le roi Arthur, quelle majesté et La Grande parade finale du Printemps des Légendes

rené hausman, charlotte Dubois (Graziella Fanfan) et Pierre Dubois

Le dimanche fut, et de loin, la journée la plus dure météorologiquement parlant : trois à cinq degrés et la bruine de-ci-de-là, contrairement à la dernière édition, l'enchanteur Maugis n'a pas demandé aux nuages pissotiers d'aller voir à Givet si j'y vais ! Une autre façon, peut-être, de s'amuser du rapprochement Ardennes-Bretagne par la pluie ?

Le matin à l'aube, ou plutôt à neuf heures (ce qui revient à dire "l'aube" en retranchant ce que tu as bu la veille en généra), part une balade contée sur quelques fort jolis lieux de Monthermé. J'ai préféré arpenter les collines environnantes sans compagnie d'un seul bipède (de plus de cinquante centimètres), je n'aurais pas donc vu l'ouverture à dix heures ni la conférence de Bernard Sergent à propos du merveilleux, mais il n'empêche que se rendre dans cette région sans se perdre au moins une fois en forêt ardennaise serait dommage ! 

Ce dimanche est marqué par le conte et le spectacle, avec un aspect de passage. A 14 heures, Pierre Dubois (accompagné de Nicolas, le directeur du centre arthurien), partage ses souvenirs ainsi qu'il le fait souvent, évoquant tour à tour la forêt des Ardennes, sa maison du Nord, un poêle d'où naissent des images, Un "anar" qui ne se revendique pas comme tel (M. Mallet) et à quel point il aimait sa maison sans tables en formica, l'école d'où il sera "viré" trois fois, des rapaces et un corbeau nommé Nao qui se posait sur son épaule... belle preuve, s'il en est, qu'il n'est pas nécessaire d'être le premier de la classe pour avoir du talent ! Et surtout, un appel à retrouver la "pensée magique", aussi bien à l'école en remplaçant l'instruction civique par les contes que dans la nature en prenant le temps de rêver.

Près du camp arthurien, Tortequesne, conteur aux airs de grand, grand et gros chêne à la barbe fournie, raconte l'histoire d'un paysan et d'une reine hippogriffe. Plus tard, c'est au tour de Graziella Fanfan de conter, avec son spectacle Fée l'enfant, très suivi et longuement applaudi par une foule emmitouflée (dans des capes en laine parfois, les médiévistes familiers des camps reconnaîtront) en dépit du froid. N'ayant jamais vu le spectacle Fée l'Enfant, j'ai eu la petite surprise d'y retrouver un conte que Pierre avait déjà conté plus d'une fois ! En somme, une impression très nette de transmission et de passage sur ce festival, entre ceux "qui n'ont plus rien à prouver" (Pierre Dubois - qui n'a pas donc conté ! - Claudine Glot...) et de nouveaux talent, pas forcément des jeunes, mais des nouveaux : Graziella Fanfan (qui a commencé à jouer depuis fin 2010) et Lawrence Rasson (entre autres), créateur de l'expo des vampires, que je ne croise sur festivals et autres salons que depuis peu de temps également.

Déjà la fin des festivités se fait sentir, et quelle fin ! Le Bagad Keriz dans les rues de Monthermé, suivi du camp arthurien au complet, des musiciens et autres artistes du festival. Le public s'est mêlé aux artistes marchant dans les rues !

  Et voilà, on se dit tous rendez-vous dans deux ans, pas le même jour, même heure peut-être !

 

Ce texte est publié sous licence Creative Commons Paternité-Partage des Conditions Initiales à l'Identique 3.0 Unported - Amélie Tsaag Valren

Je publie également toutes les photos qui l'accompagnent sous la même licence. 

 
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