Mythe de Sleipnir PDF Imprimer Envoyer
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Chevaux
Écrit par Tsaag Valren   
Mercredi, 30 Décembre 2009 02:41

 

Sleipnir

On connait Sleipnir de nom, souvent par les chevaliers du zodiaque ou une chanson de Manowar... C'est de la mythologie nordique que vient un cheval fabuleux à huit jambes, capable de se déplacer au-dessus de la mer comme dans les airs et monture habituelle du dieu Odin. Il est mentionné dans l’Edda poétique, une série de textes compilés au XIIIe siècle à partir de sources plus anciennes, et dans l’Edda en prose, rédigée à la même époque par Snorri Sturluson. C'est est le fils du dieu Loki et d'un puissant étalon, Svaðilfari« Le meilleur de tous les chevaux » et le plus rapide. Il devient la monture d'Odin qui le chevauche jusque dans la région de Hel ; toutefois, le dieu s'en sert surtout pour traverser le pont Bifröst afin de se rendre à la troisième racine d'Yggdrasil, là où se tient le conseil des dieux. L'Edda en prose donne de nombreux détails sur les circonstances de sa naissance et précise, par exemple, qu'il est de couleur grise. Sleipnir est également mentionné dans une énigme figurant dans la Saga de Hervor et du roi Heidrekr, ainsi que dans la Völsunga saga, comme ancêtre du cheval Grani. L'un des livres de la geste des Danois de Saxo Grammaticus au XIIIe siècle contient aussi un épisode qui, selon de nombreux érudits, le concernerait ce cheval. Il est représenté sur plusieurs pierres historiées de Gotland vers le VIIIe siècle.

 

En vieux norrois, Sleipnir est le « planeur », le « glissant », « celui qui glisse rapidement » et aussi facilement dans le ciel qu'au dessus des flots et entre les mondes. Les Eddas parlent du « meilleur de tous les chevaux », le seul qui possède huit jambes, comme voici... :

La naissance de SleipnirNaissance de Sleipnir

Lorsque les dieux eurent établit Midgard et construit le Valhalla, ils reçurent la visite d'un bâtisseur inconnu qui leur proposa de construire une forteresse divine imprenable qui les mettrait à l'abri de toutes les invasions en trois saisons. En échange de ce service, l'étranger demandait le Soleil, la Lune et Freya. Après quelques débats, les dieux lui donnèrent leur accord s'il s'exécutait en un semestre seulement et sans l'aide de personne. Le bâtisseur n'eut qu'une requête : il demanda l'autorisation d'utiliser son cheval Svaðilfari, et cela lui fut accordé, grâce à l'influence de Loki. À la grande surprise des dieux, l'étalon Svaðilfari effectuait un travail colossal, et transportait d'énormes rochers. Avec l'aide de son cheval, le bâtisseur avançait très rapidement, si bien que trois jours avant la date imposée, il ne lui restait plus qu'à construire la porte. Les dieux, mécontents, conclurent que Loki était la cause de sa réussite et l'obligèrent à trouver un moyen d'arrêter l'homme. Ils promirent à ce dernier les plus horribles tourments s'il ne parvenait pas à trouver un moyen d'empêcher le bâtisseur de terminer son ouvrage dans les temps et ainsi d'emporter le paiement, et s'apprêtaient à le châtier quand Loki, effrayé, leur promit de trouver un stratagème. Cette nuit-là, le bâtisseur partait chercher les dernières pierres avec son étalon Svaðilfari quand, au détour d'un bois, il rencontra une jument. La jument hennit en direction de Svaðilfari et celui-ci, « réalisant quel genre de cheval il était », devint frénétique, se mit à hennir, déchira ses harnais et se dirigea vers la jument. Celle-ci courut dans tout le bois, Svaðilfari derrière elle, le bâtisseur tentant de les rattraper. Les deux chevaux coururent ainsi toute la nuit et les travaux de construction ne purent avancer d'un pouce pendant les trois nuits qui restaient. L'homme, furieux, se transforma en géant car c'était sa vraie nature, et lorsque les dieux s'en rendirent compte, ils firent fi de leurs serments antérieurs et appelèrent Thor. Celui-ci se débarrassa du géant rapidement en l'assommant avec son marteau Mjöllnir. Toutefois, Loki avait été « fécondé » par l'étalon du géant, et il donna naissance à un poulain octopode gris nommé Sleipnir, « le meilleur cheval parmi les dieux et les hommes », qui devint plus tard la monture d'Odin.

 

Hrungnir le jötunn

Sleipnir

 Odin chevauchait Sleipnir à travers le monde de Jötunheimr quand il parvint à la résidence de Hrungnir le jötunn. En voyant le dieu, ce géant se demanda « quel genre de personne il pouvait être » pour porter un casque d'or, « chevaucher le ciel et l'eau » et il dit à l'étranger qu'il avait un « merveilleux cheval ». Odin apprécia le compliment et paria sa tête qu'aucun cheval aussi bon ne pourrait être trouvé dans tout Jötunheimr. Hrungnir admit que c'était certes un beau cheval, mais affirma qu'il était propriétaire d'un animal beaucoup plus rapide nommé Gullfaxi. Révolté, Hrungnir enfourcha alors Gullfaxi avec l'intention de défier Odin, pour se venger. Odin fit galoper Sleipnir aussi vite que possible devant Hrungnir, et, dans sa fureur, ce dernier ne se rendit pas compte qu'il quittait son propre monde, et se trouva précipité dans les portes d'Ásgard.

Baldrs draumar

Dans Baldrs draumar, lorsque les Ases conversent à propos des cauchemars du dieu Baldr, Odin pose une selle sur le dos de Sleipnir et tous deux partent en direction des enfers...

La chevauchée d'Hermóðr

Le dieu Baldr, aimé de tous, mourut par une traitrise de Loki, et tous les autres dieux pleuraient sa mort, sauf ce dernier. L'un des fils d'Odin, Hermóðr, accepta alors de chevaucher jusqu'aux enfers (Hel) afin d'offrir une rançon pour le retour de Baldr. C'est ainsi que « le cheval d'Odin, Sleipnir, fut sellé et poussé en avant » ; Hermoðr le monta et commença sa chevauchée. Il avança ainsi neuf nuits dans des vallées profondes, sombres et où il ne voyait rien. Tous deux arrivèrent à la rivière Gjöll et continuèrent au pont Gjallarbrú, où ils rencontrèrent une géante du nom de Módgud, qui gardait les lieux. Módgud fit remarquer à Hermóðr que, récemment, on avait monté cinq bataillons d'hommes morts à travers le pont, et qu'ils faisaient moins de bruit que lui. Sleipnir et Hermoðr continuèrent « vers le bas et vers le nord » sur la route de Hel, jusqu'à ce que tous deux arrivent aux immenses portes du royaume des morts. Hermoðr descendit alors de Sleipnir, resserra sa sangle, remonta, et le poussa en avant en donnant des éperons : Sleipnir sauta la porte si haut qu'on ne le vit plus. Hermoðr chevaucha ensuite jusqu'à l'entrée des Enfers, où il descendit de Sleipnir et trouva Baldr. Après négociations, la rançon offerte par Hermoðr à la déesse Hel pour le retour de Baldr fut acceptée à condition que chaque être vivant pleure la mort du dieu. Hermoðr rebroussa donc chemin pour retourner en Ásgard sur le dos de Sleipnir et rapporter les conditions de Hel.

D'autres histoires dans les Eddas

Parchemin Sleipnir

On parle de Sleipnir dans Grímnismál, Grimnir (Odin est alors déguisé et dissimule sa véritable identité) raconte à un jeune garçon nommé Agnar que Sleipnir est le meilleur de tous les chevaux (« Odin est le plus grand des Ases, Sleipnir le plus grand des chevaux »). Dans Sigrdrífumál, la valkyrie Sigrdrífa dit au héros Sigurðr que les runes devaient êtres coupées « avec les dents de Sleipnir et sur sa sangle striée »

Dans Gylfaginning, Hár raconte que chaque jour, les Ases chevauchent à travers le pont Bifröst, puis donne la liste de leurs chevaux. Cette liste commence avec Sleipnir : « Le meilleur d'entre eux est Sleipnir, il appartient à Odin et a huit jambes ».  Sleipnir apparaît aussi deux fois dans des kenning relatifs à un « navire »,, et « Sleipnir de la mer » figure dans Húsdrápa, une œuvre du Xe siècle par le scalde Úlfr Uggason.

La saga de Hervor et du roi Heidrekr 

Dans la Saga de Hervor et du roi Heidrekr (Hervarar saga ok Heiðreks), le poème Heiðreks gátur contient une énigme qui mentionne Sleipnir et Odin :

 

Gestumblindi :

Hverir eru þeir tveir,
er tíu hafa fætr,
augu þrjú
ok einn hala?
Heiðrekr konungr,
hyggðu at gátu.

Heiðreks :

Góð er gáta þín, Gestumblindi,
Þat er þá, er Óðinn ríðr Sleipni.
 

Gestumblindi :

Qui sont les deux
qui courent, sur dix pieds,
trois yeux ils ont,
mais une seule queue ?
Allez, réponds maintenant
à cette énigme, Heidrek.

Heidrek :

Ton énigme est bonne, Gestumblindi,
et je l'ai trouvée, c'est Odin qui chevauche Sleipnir.

Geste des Danois 

Sleipnir

Sleipnir est généralement considéré comme mentionné dans une série d'évènements décrits dans le premier livre de la geste des Danois. Le jeune Hadingus rencontra « un homme d'un certain âge qui avait perdu un œil » et s'allia avec Liserus. Hadingus et Liserus firent la guerre à Lokerus, le souverain de Kurland. Rencontrant la défaite, le vieil homme prit Hadingus avec lui sur son cheval et ils volèrent jusqu'à sa demeure, pour boire tous deux une boisson rafraîchissante. Le vieil homme se mit à chanter une prophétie et ramena Hadingus là où il l'avait trouvé, sur son cheval. Pendant le voyage de retour, Hadingus tremblait sous le manteau du cavalier inconnu, et arriva à voir par un trou dans les tissus. Hadingus réalisa alors qu'il volait dans les airs « et il vit que sous les jambes du cheval, c'était la mer, mais on lui avait dit de ne pas tenter de voir la chose interdite, de crainte, il tourna donc ses yeux émerveillés par le spectacle loin de la route qu'il avait parcourue ». La présence d'Odin et Sleipnir semble confirmée dans le second livre, où Biarco les mentionne : « Si je jette un mauvais regard sur le terrible mari de Frigg, de quelque manière qu'il soit protégé par son bouclier blanc, et guidant sa grande monture, il ne doit en aucun cas sortir de Leire, il est légitime de faire profil bas dans la guerre qui règne entre les Dieux ».

Völsunga saga 

Dans la Völsunga saga, le héros Sigurðr est en chemin dans les bois quand il rencontre un vieil homme barbu qu'il n'a encore jamais vu. Sigurd dit à cet étranger qu'il va chercher un cheval, et lui demande de l'accompagner pour l'aider à choisir. Le vieil homme répond qu'il devrait conduire les chevaux qu'il trouvera à la rivière Busiltjörn. Un cheval descendra alors dans les profondeurs de la rivière et nagera vers la terre ferme, un grand cheval gris, jeune et beau, que personne n'a jamais monté. L'homme barbu en gris dit que ce cheval est un « proche parent de Sleipnir » et qu'il « devra être nourri soigneusement, car il sera le meilleur de tous les chevaux » avant de disparaître. Sigurd nomme le cheval Grani et le narrateur ajoute que le vieil homme n'était autre qu'Odin.

Un peu d'archéologie ?Pierre d'Ardre

Les trouvailles archéologiques constituent un témoignage plus fiable de la place de Sleipnir dans la foi scandinave. Deux des pierres historiées de Gotland, exposées en Suède et datées du VIIIe siècle, illustrent des chevaux à huit jambes qui sont considérés par la plupart des chercheurs comme étant Sleipnir : la pierre de Tjängvide et la pierre d'Ardre VIII. Les deux pierres présentent un cavalier assis sur un cheval à huit jambes, vu selon les érudits comme étant Odin. Au-dessus du cavalier sur la pierre de Tjängvide, un personnage tenant une lance est représenté, il pourrait s'agir d'une Valkyrie. Une figure féminine salue le coureur avec une coupe. La scène a été interprétée comme celle d'un cavalier arrivant dans le monde des morts...

 

Partagé avec l'article Wikipédia sur Sleipnir, qui fait partie des concourables récompensés en septembre 2009 sur lesquels j'ai travaillé