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Pégase
Écrit par Tsaag Valren   
Dimanche, 28 Juin 2009 23:26

 

Pégase

 

Pégase est l'une des créatures fantastiques les plus célèbres de la mythologie grecque, et il y a peu de chance que vous ne connaissiez pas ce cheval ailé de couleur blanche, fils du dieu de la mer Poséidon et de la gorgone Méduse. Mais entre les dessins à paillettes, les films, les romans, ou Donjons et dragons qui parlent des pégases, on finit par oublier qui est Le Pégase, celui qui a tant et tant inspiré les poètes et les artistes. Le voici, tel que les anciens grecs et romains l'ont raconté...

La plus ancienne source écrite sur Pégase est celle d'Hésiode, au IXe ou VIIIe siècle av. J.-C., qui parle de la naissance de Pégase et de la Chimère dans sa ThéogonieOvide raconte sa naissance dans les Métamorphoses, Hygini évoque plusieurs histoires dans ses Fables, et Pindare conte la façon dont Bellérophon captura Pégase au VIe siècle av. J.-C. Il est très difficile de restituer un ordre chronologique à l'histoire de Pégase car ces nombreux auteurs l'évoquent plus ou moins brièvement, et se contredisent parfois entre eux.

Naissance

Pégase est considéré comme le fils du dieu Poséidon et de la gorgone Méduse. Hésiode dit que « Poseidaôn (Poséïdon) aux cheveux noirs s'unit à Médousa (Méduse) dans une molle prairie, sur des fleurs printanières ». La version d'Ovide est cependant plus complète :

       



Ovide, Les Métamorphoses, chant IV vers 794-80
     
Très célèbre pour sa beauté,
Méduse éveilla l'espoir jaloux de nombreux prétendants
et, de toute sa personne, rien n'était plus remarquable
que sa chevelure ; j'ai connu quelqu'un qui disait l'avoir vue.
Le maître de la mer l'aurait outragée dans le temple de Minerve
la fille de Jupiter se détourna, dissimula derrière son égide
son chaste visage et, pour ne pas laisser cet acte impuni,
transforma les cheveux de la Gorgone en hydres affreuses.

Suite à sa transformation en créature affreuse, et de rage, Méduse se mit à dévaster la contrée avec ses deux sœurs. Plus tard, le héros Persée reçut l’ordre de la tuer, sachant qu'elle était seule créature mortelle parmi les trois Gorgones. Ses deux enfants, Pégase et Chrysaor, étaient en elle et furent "libérés" par le coup d’épée de Persée qui lui trancha la tête.

 À partir d’ici, deux version existent. Hésiode dit que « lorsque Perseus lui eut coupé la tête, le grand Khrysaôr naquit d'elle, et le cheval Pegasos aussi ». Pégase jaillit donc avec son frère Chrysaor du corps décapité de Méduse.

 Selon les Métamorphoses, toutefois, Pégase nait du sang de sa mère.

 

 

Naissance de Pégase

 

       



Ovide, Les Métamorphoses, chant IV vers 784-786
     
et tandis qu'elle et ses vipères dormaient d'un lourd sommeil,
il lui avait séparé la tête du cou ; ensuite, du sang de leur mère
étaient nés Pégase aux ailes rapides et son frère.

Le pseudo-Apollodore dit lui aussi que Pégase et Chrysaor jaillirent du corps de Méduse lorsqu'elle fut décapitée, et que Poséidon était le père des deux.

La naissance de Pégase est rapportée succinctement dans les mêmes termes par Lycophron, Strabon, Hygin, et Nonnos de Panopolis, qui précise dans ses Dyonisiaques que Persée trancha la tête couverte de serpents tandis que le ventre de Méduse contenait Pégase, « l'ancêtre des nobles coursiers », et que son glaive d'or a joué un rôle crucial dans l'accouchement.

Les hommes croient donc que Pégase s'élança avec sa crinière éclaboussée de sang depuis le cou tranché de Méduse, alors qu'elle était enceinte. Comme il se glissait au-dessus des nuages et sous les étoiles, le ciel était sa terre et les ailes étaient ses pieds. Juste après sa naissance, « s'envolant loin de la terre féconde en troupeaux, Pégase parvint jusqu'aux Dieux. Et il habite dans les demeures de Zeus, et il porte le tonnerre et la foudre du sage Zeus ». Il précise que ce cheval ailé naquit près de la source (pêgai) du fleuve Océan, à l’extrémité occidentale du monde.
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Il est possible de reconstituer les origines de Pégase de cette façon :

 

Origines de Pégase
 
 
 
 
 
 
Chaos
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Gaïa
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Ouranos
 <= ? => 
Æther
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Pontos
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Cronos
 
Rhéa
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Poséidon
 
 
 
Phorcys
 
Céto
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Méduse
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Pégase
 
 
 
 
 
 
 
 

 

 

Des Muses et des sources

Un lien étroit existe entre Pégase, les Muses, la poésie et la source Hippocrène (du grec hippos, « cheval », et krênê, « source », ce qui signifie la « source du cheval »), qui était aussi la source des muses. D'après les Métamorphoses, cette source était si célèbre que la déesse Athéna s'y rendit pour l'admirer. Guidée par Uranie, la muse de l’astronomie, Athéna s’approcha des eaux et s'en fit raconter l'histoire :

« Pallas […] se dirige vers Thèbes et vers l’Hélicon, séjour des chastes Muses. Elle s’arrête sur ce mont, et tient ce langage aux doctes sœurs : « La Renommée a porté jusqu’à mes oreilles la nouvelle de cette fontaine que Pégase aux ailes rapides a fait jaillir de terre sous ses pieds vigoureux ; elle est l’objet de mon voyage : j’ai voulu voir cette merveille opérée par le coursier qui naquit sous mes yeux du sang de sa mère ». Uranie lui répond : « Quel que soit le motif qui te fait visiter nos demeures, ô déesse ! ta présence remplit nos âmes de joie ; la renommée dit vrai : c’est à Pégase que nous devons cette source ». À ces mots, elle conduit Pallas vers l’onde sacrée. La déesse admire longtemps ces eaux que le pied de Pégase a fait sortir de la terre […] »

— Ovide, Métamorphoses, chant V, vers 250

 

Pégase et les Muses

Quant à la raison pour laquelle Pégase a créé cette source...  Ovide précise dans ses Fastes que le cheval venait protester contre son étrange bridage par Bellérophon, et que son sabot de lumière creusa la source. Pour Antoninus Liberalis, lorsque les Muses chantaient, le ciel, les étoiles, la mer et les rivières s'arrêtaient, tandis que le mont Hélicon, séduit par le plaisir d'entendre leurs voix, enflait jusqu'à atteindre le ciel. Par la volonté de Poséidon, Pégase frappa le sommet du mont de ses sabots, et celui-ci reprit une taille normale.

 

 

Pégase et les Muses

 

 

Aratos de Soles évoque dans ses Phénomènes « celui qui a été, dit-on, à l'origine de l'eau claire de l'Hippocrène » : le cheval frappa de son pied droit et aussitôt l'eau jaillit. Pour Strabon, c'est une roche sous la montagne que Pégase aurait brisée d'un coup de sabot. Nonnos de Panopolis parle « de la fontaine qui naquit à l'endroit où le sabot humide du cheval gratta la surface de la terre, et fit un creux pour l'eau qui prit son nom de lui ». Pour Callistrate, les eaux de la source sacrée des Muses étaient de couleur violet-noir. Pausanias précise plus loin que le cheval ailé créa une autre source de la même manière, près de Trézène :

« Entre les différentes choses qui servirent à purifier Oreste, les Trézéniens citent l'eau de l'Hippocrène, car ils ont aussi une fontaine de ce nom, et ils en racontent l'origine de la même manière que les Béotiens, car ils disent que l'eau jaillit de la terre à l'endroit que le cheval Pégase avait frappé du pied. »

— Pausanias, Description de la Grèce livre II, chap. XXXI

La faculté que possèdent les eaux de la source Hippocrène à changer en poète ceux qui en boivent est évoquée par Properce dans ses Élégies, où il dit avoir rêvé « à l'ombre douce de l'Hélicon, où coule la fontaine du cheval de Bellérophon », qu'il possédait le pouvoir de proclamer le roi d'Alba et ses actes en les accompagnant de sa lyre.

 

 

Pégase et les Muses


Pégase et Bellérophon


L'histoire de Pégase se mêle à celle du héros grec Bellérophon. Ce dernier est surtout connu par l'Iliade, où Glaucos fils d'Hippoloque répond à Diomède qui lui demande sa lignée. 

Capture de Pégase

 

Capture de Pégase

Selon les Olympiques de Pindare (XII, 13), Bellérophon était près de la fontaine de Pirène, à Corinthe, où il brûlait du désir de dompter Pégase, mais échoua jusqu'au moment où on lui conseilla de dormir sur un autel consacré à Athéna. La déesse lui apparut dans une vision, en tenant une bride ou un mors tout en or entre ses mains. Réveillé en sursaut d'un sommeil profond, il vit la déesse apparaître à ses yeux et l'entendit prononcer ces paroles : « Prends ce philtre, seul capable de charmer le coursier que tu convoites. Après l'avoir offert à Poséidon, ton père, immole un superbe taureau à ce dieu si habile à dompter les coursiers. » Bellérophon se leva aussitôt et saisit la bride que la déesse lui tendait. Il se rendit chez Proetos, le fils de Coeramus, devin de la région, pour lui raconter sa vision et les conseils qu'il avait suivi jusqu'à obtenir « le frein d'or sous lequel doit plier Pégase ». Le devin lui ordonna d'obéir aux paroles de la déesse et d'élever un autel à Athéna hippia après avoir immolé un taureau à Poséidon. « Alors, tressaillant d'allégresse, l'intrépide Bellérophon saisit le cheval ailé : tel qu'un breuvage calmant, le frein dont il presse sa bouche modère sa fougue impétueuse; alors, s'élançant sur son dos, Bellérophon, revêtu de ses armes, le dresse au combat en se jouant ». Grâce à Pégase, Bellérophon est « transporté dans le vide des airs sous un ciel glacé », combat les Amazones, tue la Chimère et défait les Solymes.

 

Pegaso

Strabon précise que Pégase fut capturé par Bellérophon alors qu'il buvait à la fontaine de Pirène. Toutefois, selon les corinthiens et ainsi que le rapporte Pausanias dans ses Descriptions de la Grèce, Pégase est amené à Bellérophon par Athéna, qui l'avait dompté et soumis au frein elle-même. Selon le pseudo-Hésiode dans son Catalogue des femmes, c'est Poséidon, père de Pégase et de Bellérophon, qui lui amène le coursier alors que le héros errait en quête d'une solution pour tuer la Chimère.

Pour Hygin dans ses Astronomiques, Proetos, sachant que Bellérophon avait le cheval Pégase, l'envoya auprès du roi de Tyrinthe, le père d'Antia (ou Sthénébée). Cette dernière tomba amoureuse de lui et, comme il la repoussait, l'accusa devant son père d'avoir tenté de la violer. Ce dernier envoya à son tour Bellérophon en Lycie, porteur d'un message pour le roi Iobatès... Un message disant de tuer le porteur. 

 

Combats contre la Chimère, les Amazones et les Solymes

 

Pégase et Bellérophon

L'épisode le plus célèbre du mythe de Pégase et de Bellérophon est celui de leur victoire sur la Chimère. Ainsi, Hygin précise-t'il que la Chimère, à cette époque, ravageait le pays des Lyciens de ses flammes. Lorsque Bellérophon arriva à la cour du roi de Lycie, Iobatès, monté sur Pégase et porteur d'un message disant de le tuer, le roi n'eut pas de meilleure idée que de l'envoyer combattre ce monstre, persuadé qu'il y trouverait la mort. 

Le pseudo-pollodore dit que le héros Bellérophon accomplit cet exploit en survolant la Chumère, et parvint à la victoire grâce à son arc et à ses flèches. Pour Oppien de Syrie, les chevaux au-delà de toutes les créatures mortelles, sont celles à qui la nature ingénue a donné un esprit subtil et du cœur... ainsi, le cheval Pégase a t'il porté Bellérophon qui tua la Chimère au-dessus des nuages. Apulée fait référence à ce combat dans l'Âne d'or, lorsqu'il dit que la panique plus que tout avait incité le célèbre Pégase à prendre l'air. La tradition selon laquelle il avait des ailes était justifiée, car il bondit aussi haut que le ciel dans sa peur d'être mordu par la Chimère cracheuse de feu.

L'Iliade raconte les autres exploits de Bellérophon qui accumula les victoires contre des Amazones qui menaçaient le royaume de Lycie, ainsi que les Solymes. Le roi Iobatès, toujours résolu à se débarrasser de lui, tenta de le prendre en embuscade et Bellérophon s'en tira une fois de plus. Alors que le héros combattait les pirates de Carie sur la plaine de Xanthe, Iobatès envoya sa propre garde royale contre lui. Bellérophon fit une prière à Poséidon et la plaine s'inonda, provoquant la mort des femmes des soldats qui étaient venues au secours de leurs maris. Iobatès lui céda alors son trône et lui offrit la moitié de son royaume ainsi que sa fille Philonoé en mariage, avec laquelle il eut trois enfants.

Ascension de l'Olympe

Il faut croire qu'être roi ne suffit pas au héros Bellérophon, qui s'estima digne de rejoindre le séjour des Dieux, l'Olympe, avec sa monture.

Après la création de la source Hippocrène, dit Hygin dans ses Astronomiques, et alors qu'il tentait de voler jusqu'au ciel et l'avait presque atteint, Bellérophon s'effraya en regardant la terre, tomba et fut tué sur le coup. Pindare dit dans ses Odes que « le cheval ailé Pégase jeta son seigneur Bellérophon de haut vers la terre, lui qui pensait atteindre les demeures du ciel » et Nonnos que « Pégase aux ailes rapides », ce cheval ailé inlassable à la course et passant dans l'air comme une rafale de vent, jeta Bellérophon et l'envoya tête baissée vers le sol. Selon lui, le héros survécut parce qu'il était du sang de Poséidon, que le cheval lui-même partageait. Hygin dit toutefois dans ses Fables que Bellérophon tomba dans les plaines d'Aelia, en Lycie, où il se démit la hanche, et finit donc sa vie estropié.

Transformation en constellation

Pégase par Odilon Redon

Il existe relativement peu de sources concernant l'arrivée de Pégase sur l'Olympe, son rôle auprès de Zeus et sa transformation en constellation. On sait qu'après la mort de son cavalier, Pégase fut reçu « dans les étables de Zeus sur le mont Olympe », continuant (selon Hygin) son ascension interrompue. Dans tous les cas, Pégase rejoignit les écuries célestes de Zeus et reprit sa fonction de porteur du tonnerre et des éclairs. Lorsque le roi des dieux voulait utiliser les éclairs et le tonnerre, c'est Pégase qui les lui amenaient depuis la forge d'Héphaïstos, en traversant le ciel.

Dans Phèdre, Platon évoque un rôle de cheval d'attelage pour Pégase, disant que les chevaux ailés et les cochers des dieux sont tous des nobles, et de noble lignée [...] Zeus tient les rênes d'un char ailé, ouvre la voie dans le ciel, ordonnant à tous et prenant soin de tous.

Pégase est immortel car Zeus le changea en constellation. Aratos de Soles dit que l'immense constellation du cheval, c'est Pégase [...] « qui fait des cercles dans le ciel de Zeus et est toujours là pour te voir », et Nonnos que Pégase continue à voler là-haut, fendant l'air de ses longues ailes. Pour Ovide, il jouit pleinement du ciel, et resplendit en brillant de toutes ses étoiles.

 

Constellation de Pégase

 J'ai partagé le résultat de ces recherches sur wikipédia, comme pour la plupart de mes travaux (voir historique).