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Oiseaux
Écrit par Tsaag Valren   
Mardi, 24 Novembre 2009 03:27
Caladrius devant un roi

 Le caladrius, également nommé calandre ou caladre, est un oiseau légendaire du Moyen Âge, très présent dans les bestiaires où il  possède la taille d'un corbeau ou d'un héron ainsi que de grands pouvoirs guérisseurs. Tout malade que le caladrius fixe dans les yeux est destiné à vivre, tandis que ceux dont il détourne le regard sont condamnés à mourir. Le pouvoir guérisseur de cet oiseau dépend de la croyance que l'on a en lui, et s'il est injustement au nombre des oubliés des œuvres modernes, du jeu de rôle et de la fantasy, il est temps de réparer l'injustice !

Caladrius, bird of healing, from Hortus Sanitatis (1497)

 Cette créature aurait été nommée « albinos » par les anciens, car il n'a aucune couleur sur les ailes, le bec et la queue. De nombreux autres noms existent : caladres, caladrio, calandre, calandrius, calatrius, caradrius, charadrius, kaladrius ou encore kalandria. Les mots « calandre » et « calandrelle » désignent à présent une espèce d'alouette. Le caladrius était perçu comme doté d'une tête d'aigle, d'un long cou et parfois de la queue d'un serpent, paré d'un beau plumage d'un blanc immaculé. Sa taille avoisinerait celle du héron ou du corbeau. Il est plutôt solitaire et raffiné, considéré comme un oiseau nocturne qui niche dans les rochers. Son chant est décrit comme agréable dans le roman d'Auberi... il pourrait être issu d'un oiseau de rivière, ou peut-être de la bergeronnette grise qui porte des marques en forme de crâne sur la tête.

 Facultés

 Est volatile quae dicitur Caladrius. Hoc scriptum est in Deuteronomio non manducandum. Fisiolocus dicit de hoc : Quia totus albus est, nullam partem habens nigram; eu jus intcrius femur currat (curat) caliginem oculorum. Si quis autem est in egritudine constitutus, ex hoc Caladrio coguoscitur si vivat ut (aut) moriatur. Si ergo est infirmitas hominis ad mortem, mox ut viderit infîrinum avertit faciem ab eo Caladrius, et omnes cognoscunt quod moriturus est. Si autem infirmitas ejus non pertinet ad mortem, intendit faciem ejus Caladrius et adsumet omnes egritudines infra se, et volet in aere solus, et comburet infirmitas ejus, et dispergit eam, et erit salvus infirmus

Caladrius

  • Caladrius

On dit le caladrius capable de guérir les gens des maladies incurables, faculté qui en faisait fait l'oiseau favori de la cour des rois. Il se pose auprès des malades, s'il tourne a tête, la personne en question est destinée à mourir. Pour guérir un mourant, il fixe le malade, lui prend sa maladie et vole vers le soleil pour la brûler. Des caladrius étaient élevés dans les palais royaux pour annoncer, principalement, la mort des suzerains. Cette faculté le préservait de tout commerce : les éventuels acheteurs n'approchaient que par curiosité, pour savoir si l'oiseau allait détourner sa tête, puis rentraient s'enfermer chez eux. Son pouvoir de guérison varie selon les descriptions des auteurs : selon Élien le sophiste, il peut guérir uniquement la jaunisse en regardant dans les yeux le malade, pour d'autres, le caladrius utilise la moelle de sa cuisse pour les sauver. Sa fiente guérit la cécité. Le caladrius ne doit être ni tué, ni mangé, car c'est un animal sacré selon le Deutéronome.

La faculté de prendre sur lui les maux des hommes pour les guérir a fait du caladrius un symbole du Christ qui endosse le poids des pêchés des hommes, et le fait que l'oiseau ne puisse guérir que ceux qu'il regarde signifie que son don de guérisseur dépend de la croyance qu'on a en lui. Il est également symbole de pureté et dans le Rosarius, écrit anonyme, identifié à la Vierge. Ponce de Léon parle de la préscience divine, la prédestination et la grâce à travers le caladrius.

Caladrius bestiaire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mentions

Le caladrius est cité par de nombreux auteurs tels que Philippe de Thaon, Guillaume Le Clerc de Normandie, Plutarque, Élien le sophiste, Honoré d'Autun,Caladrius bestiaire Hugues de Fouilloy, Alexandre Neckam et dans le Souda. Il est également présent dans les romans médiévaux. Le bestiaire de Pierre de Beauvais offre une description détaillée du caladrius, appelé ici caladre :

« Si un homme est frappé d'une maladie, on peut savoir grâce au caladre s'il vivra ou mourra. Si la maladie de cet homme est mortelle, aussitôt que le ca ladre le voit, il détourne les yeux du malade, et l'on sait dès lors que celui-ci mourra. Et si la maladie n'est pas parmi les mortelles, le caladre regarde le malade et il rassemble en lui même toutes les infirmités de celui-ci, puis il s'envole dans les airs en direction du soleil, et là il brûle toutes les infirmités du malade et les disperse, et c'est ainsi que le malade est guéri. »

— Pierre de Beauvais, Bestiaire

Caladre dans un bestiaure anglais

Le Bestiaire divin de Guillaume Le Clerc de Normandie aborde également une description du caladrius, appelé caladre ou chaladre :

« C'est un oiseau blanc comme la neige, que l'on trouve au pays de Jérusalem. On l'apporte devant les malades : ceux vers lesquels ils se tournent doivent guérir, car il attire vers lui tout le mal ; ceux au contraire dont il s'écarte mourront certainement. »

Caladrius dans le bestiaire d'Aberdeen

 Le caladrius est également présent sur des armoiries, entre autres un cimier de l'armorie de Keith William James.

Tsaag Valren et Abujoy, sur la base de l'article wikipédia du caladrius développé dans le cadre du concours de septembre 2009. Merci de créditer les auteurs en cas de réutilisation !

Bibliographie : Josy Marty-Dufaut, Les animaux du Moyen Âge réels et mythiques, Autres temps, 2005 (ISBN 2845211651)