Dryades PDF Imprimer Envoyer
Note des utilisateurs: / 3
MauvaisTrès bien 
Fées, elfes & lutins
Écrit par Tsaag Valren   
Samedi, 14 Novembre 2009 11:19

 

Dryade

Les dryades font partie de ces anciennes dames que l'on voit volontiers comme fées, hormis leur lien particulier avec les arbres, elles restent peu connues. Ces nymphes vénérables issues de la mythologie grecque n'étaient à l'origine que trois, liées aux chênes en particulier et aux arbres en général. Au fil du temps, elles se sont multipliées au point que leur nom désigne toutes les divinités grecques du culte des arbres et de la forêt. Les dryades sont très timides et ne se montrent que rarement, de leur temps, seule la déesse Artémis, amie des nymphes, pouvait les approcher sans crainte... C'est donc sur la pointe des pieds et en évitant de faire bruisser les feuilles mortes que nous aurons une chance de les apercevoir...

Dryade, Evelyn de Morgan

 

L’étude des dryades relève de l'elficologie, mais avant cela, un bon linguiste aura vu que le nom de « dryades » ( en grec ancien Δρυάδες / druádes), vient de δρῦς / drũs, qui signifie « chêne ». Selon Benveniste, les racines indo-européenne drew, et grecque drûs, équivalentes de l'allemand treu, signifiaient à l'origine « ce qui est solide ou ferme » et désignèrent ensuite l'arbre, en particulier le chêne. Cette racine a non seulement donné naissance au mot « dryades », mais aussi à une série de termes exprimant la confiance et la fidélité, comme trauen et trust.

Observation

Les dryades n’ont l'apparence de très belles jeunes filles que lorsqu’elles quittent l’arbre qui les abrite. Selon les mythologues, elles sont la force végétative des forêts dans lesquelles elles peuvent errer en liberté nuit et jour. Divinités mineures protectrices des forêts et des bois du temps de la mythologie grecque, elles sont aussi fortes et robustes que fraîches et légères, ne vous fiez donc pas à leur apparence frêle ! Elles forment le plus souvent des chœurs de danse autour des chênes qui leur sont consacrés.

Les dryades peuvent survivre aux arbres placés sous leur protection s’ils meurent, contrairement aux hamadryades, elles ne sont pas liées à un arbre en particulier. Elles en ressentent toutefois une très grande souffrance qui les conduit à se venger du fautif s'il s'agit d'un humain.

Elles appartiennent à la famille des nymphes, et étaient représentées dans l'art « sous forme de femmes dont la partie inférieure du corps se terminait par une sorte d'arabesque dont les contours allongés figuraient un tronc et les racines d'un arbre ». Elles se promènent souvent nues, simplement ombragées par une chevelure abondante qui flotte sur leurs épaules au gré des vents. Elles portent souvent une couronne en feuilles de chêne sur la tête et tiennent parfois des branches d'arbres portant leurs feuilles et leurs fruits. En tant que gardiennes des forêts, elles emportent aussi parfois une hache... afin de punir ceux qui s'attaquaient aux arbres dont elles ont la garde : ne dit-on pas de celui qui entre dans la forêt pour abattre des arbres que le manche de sa hache est dejà contre lui ? 

Lorsqu’elles s’habillent, les dryades affectionnent les étoffes vertes foncées, et les chaussures en écorce d'arbre.

Édouard Brasey pense que les dryades appartiennent à la famille des dames blanches, et que si elles sont généralement douces et bienveillantes, aidant les voyageurs perdus à retrouver leur chemin, donnant à manger aux bergers, jouant avec les enfants perdus dans les bois et s'occupant des chevaux à l'écurie, certaines d'entre elles poussent les voyageurs au bord des précipices.

 

Du temps de la mythologie grecque…

Les dryades sortaient d'un arbre appelé l' « Arbre des Hespérides » et allaient dans le jardin du même nom pour protéger les pommes d'or qu’il contenait. Elles ne sont pas immortelles à l’instar des dieux grecs, mais peuvent vivre très longtemps. Parmi les plus connues, on trouve notamment Eurydice, la femme d'Orphée. Les dryades pouvaient en effet se marier à des mortels, puisque Pausanias dit que la femme d'Arcas, fils de Zeus et de Callisto, était une dryade. La distinction entre les dryades et les hamadryades est plus tardive, ces dernières s'attachent spécifiquement à un arbre et meurent avec lui s'il est abattu, alors que les premières errent librement dans les forêts.

La dryades avaient empêchaient les anciens de détruire les forêts : avant de couper les arbres, il fallait d'abord obtenir l'assurance que les dryades avaient abandonné les lieux.

Les méliades étaient des nymphes très proches des dryades, habitantes des bois ou des bosquets de frênes, qui protégeaient plus particulièrement les enfants. En effets, les anciens grecs suspendaient les enfants non désirés aux branches des arbre. D'autres mythologues les considèrent comme des nymphes dévolues aux soins des troupeaux. Leur mère était la fille de l'Océan, Mélie, qui fut aimée d'Apollon dont elle eut également deux fils.

 

Erysichton et les dryades

Dryade

Le poète Ovide raconte dans ses Métamorphoses qu'un homme nommé Erysichton devint complètement fou et sacrilège. Il s'attaqua à un chêne de Cérès à la hache alors que les Dryades dansaient autour : « Là s'élevait un chêne immense, au tronc séculaire, entouré de bandelettes, de tablettes commémoratives et de guirlandes, témoignages de jeux satisfaits. À son ombre, les dryades menèrent leurs danses joyeuses, souvent aussi les mains entrelacées, elles se rangèrent en cercle autour du tronc et il leur fallait quinze brasses pour avoir la mesure de sa masse énorme » . Lorsque Erysichton frappa l'arbre avec son arme, « à peine la main sacrilège a-t-elle fait une blessure dans le tronc que l'écorce fendue laisse échapper du sang ; ainsi quand un énorme taureau choisi pour victime s'est abattu devant les autels, le sang jaillit de son cou déchiré » . Un témoin de la scène tente de l'arrêter mais Erysichton lui tranche la tête avec sa hache. La déesse Cérès le châtie en envoyant la Faim le visiter dans son sommeil, si bien que, après avoir dévoré toutes ses possessions, Erysichton se mit à se dévorer lui-même.

Des artistes et des dryades...

Les dryades figurent dans le célèbre poème de John Milton, Paradis perdu. Dans celui de Donald Davidson, elles illustrent la tradition et de l'importance du passé à l'époque présente. Sylvia Plath utilise les dryades pour symboliser la nature dans toute sa poésie et notamment On the Difficulty of Conjuring up a Dryad et On the Plethora of Dryads. Les poètes confondent assez souvent les dryades, hamadryades et naïades.

Voir aussi l'article de wikipédia sur les dryades, que j'ai complété en septembre 2009.