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Métamorphes
Écrit par Tsaag Valren   
Mardi, 28 Avril 2009 00:00

 

 

Un Voirloup, dessin de Tsaag valren

 

Le voirloup, que l’on nomme aussi varloup, est un cousin des lycanthropes dans le folklore du Pays d'Othe, une région qui s'étend entre Sens, Troyes et Joigny en unissant les départements de l'Aube et de l'Yonne. Il s'agit à l'origine d'hommes ou de femmes qui commettent les sept péchés capitaux et se laissent posséder par le diable. Pendant leur période de transformation, ils peuvent prendre la forme de loups mais aussi de renards, de sangliers, de boucs ou de chats, en fait, de toute bête malfaisante dans la peau de laquelle il leur est facile de nuire impunément.

 
Ils se promènent dans la forêt de minuit à l'aube sans faire de bruit. Les voirloups sont nyctalopes et voient ce qui les entoure comme en plein jour malgré l’obscurité. Leurs yeux phosphorescents redoutent les premières lueurs du soleil et sont susceptibles d'allumer un incendie dans la paille ou le fourrage à distance, dans les champs, les granges ou les silos. Les voirloups sont invulnérables et sont des adversaires particulièrement dangereux pour les êtres humains. Toutefois, ils ne tuent pas ceux qu'ils attaquent, mais leur sucent parfois le sang à la manière des vampires.

Selon d'autres traditions, les voirloups se transforment à minuit après s'être enduits les membres inférieurs avec une mixture particulière nommée l'amalgame, composée de semence humaine obtenue dans les sabbats, du sang nuptial d’une vierge, de la graisse d’un porc tué le vendredi saint, à trois heures de l’après-midi, qui est devenue rance, et d’un filet de bave du Diable. Ils adressent une supplique au démon et se recouvrent du pelage de l'animal désiré tout en conservant l'entendement humain. Ils ne reprennent leur forme humaine qu'à l'aube, avec le chant du coq, lorsque les premières lueurs du jour apparaissent à l'horizon.

Dans la plupart des récits, le voirloup passe ses journées à épier les mortels pour vérifier qu'on ne dit ou n'écrit rien sur lui. Ceux qui se risquent à le décrire sous sa forme animale en font la connaissance à la nuit tombée. Le voirloup égorge et dépèce les chiens et le bétail, il se désaltère du sang de ses victimes et la vue du sang l'affole. Il ne se calme qu'en versant le sang à son tour. Il s'attaque à l'homme, mais ne le tue jamais. Il est impossible de tuer un voirloup, en revanche, lorsqu'on le blesse, il en conserve toujours des cicatrices même s'il est insensible à la douleur et guérit très vite.

Le voirloup n'a pas la faculté de jeter des sorts mais on le piège difficilement, il est par nature poussé à faire le plus de mal possible au nom de Satan. Sous sa forme humaine, il est facilement reconnaissable à la tache rougeâtre qu'il présente au bas de la colonne vertébrale, ou encore à la fourche à deux dents qui se dessine sur son épaule gauche.

 Le père Vivien, curé de Maraye-en-Othe, fut attaqué par les voirloups alors qu’il traversait le bois de Vire-Loup la nuit, accompagné d’un enfant de chœur qui portait la lanterne et la croix processionnelle. Ils se rendaient à La Perrière afin de porter les derniers sacrements au vieux Balthazar Cornarot qui agonisait. Certaines commères de la paroisse avaient vu la marque d’une tête cornue avec une barbiche en pointe sur le bras gauche de Cornarot mais le curé Vivien ne voulait rien savoir, les voirloups s’acharnèrent donc sur lui pour l’empêcher de porter les derniers sacrements au vieux qui avait pactisé avec le Diable. Grâce à son courage et des aspersion d’eau bénite, le prêtre arriva au chevet du mourant pour lui administrer le viatique et lui appliquer les huiles saintes. Un vent furieux et vindicatif salua sa prière ; les voirloups accusaient leur défaite d’un dernier geste rageur.

La bande dessinée Le Chasseur de Voirloups, réalisée par Ronnie G. Martin et Alain Richard, raconte les péripéties d'un homme mandaté par le gouvernement français pour enquêter sur une secte dont les adeptes se déguisent en hommes-loups.

Sources : 

  • Notre pays d’Othe, Jeanne Martel-Jeannine Velut, Office de tourisme du pays d’Othe et de la vallée de la Vanne, imprimeries Paton, Troyes 2003. (ISBN 2-907894-32-3)
  • Mystérieuse forêt d’Othe, Gabriel Groley, imprimerie Paton, Troyes 1976.

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