Maymaygwashi PDF Imprimer Envoyer
Note des utilisateurs: / 0
MauvaisTrès bien 
Thérianthropes
Écrit par Tsaag Valren   
Samedi, 02 Mai 2009 00:30

 

Maymaygwashi

Il est une large rivière du nom d’Assomption. Alors qu’elle rejoint la mer, la ville de Repentigny s’étend le long de ses rives. Si elle est la douzième du Québec en ce début de XXIe siècle, les expéditionnaires du Fabyrinthe l’ont gagnée le 13 novembre 1812, pour assister aux curieuses déclarations de Venant Saint-Germain, celui qui a vu le maymaygwashi, esprit des eaux connu des amérindiens…

Venant Saint-Germain est un euro-canadien, de ceux qui ont traversé l’Atlantique en quête de fortune. Un de ces rudes hommes des bois vivant du commerce de fourrures avec les amérindiens de l’Ouest, avant de se poser en ville et de profiter de sa retraite. Il est debout devant la cour du Banc du Roi, et prête serment de ne dire que la vérité aux juges Panet et Ogden :

Le 3 mai 1782 je prenais le chemin de l’ouest pour me rendre au fort Kaministikwia (aujourd’hui Thunder Bay), à l’extrémité occidentale du lac Supérieur. Je me trouvais à bord d’un canoë avec un équipage de trois hommes, et une femme âgée de la nation Ojibwa. Ce soir-là, l’équipe s’arrête à l’île Pâté (Pie Island) pour passer la nuit. Une fois le campement installé, je décide de tendre des filets pour pêcher quelques poissons.

Au crépuscule, alors que je repars vers le bivouac, j’aperçois une créature inconnue à 150 ou 200 pieds, dans les eaux du lac. L’être avait un torse semblable à celui d'un enfant de huit ans, un visage au teint sombre et des cheveux crépus comme ceux d’un « jeune Noir ». L’être se tenait à moitié sorti de l’eau, l'un de ses bras levé et l’autre appuyé sur la hanche Le bas du corps, immergé, paraissait être celui d’un poisson. J’appelle mes compagnons pour qu'ils viennent voir la créature, puis je cours chercher mon fusil mais lorsque je pointe l’arme chargée vers la créature, l’amérindienne s’interpose en s’accrochant à mes vêtements pour m’empêcher de viser.

L’être plonge lentement pour ne plus reparaitre. La femme me reproche d'avoir voulu tirer sur le « dieu des eaux et des lacs », le Manitou Niba Nabais. Elle prédit que la créature nous enverra une tempête. Vers onze heures du soir, une violente tempête éclate et devient d’une telle intensité que nous tirons le canot plus haut sur la rive et nous réfugions sur les hauteurs de l’île. L’orage dure trois jours et nous immobilise sur place. Le quatrième jour, nous avons pu reprendre notre route.

Le manitou Niba Nabais est bien connu des Ojibwa pour qui il habite l’île Pâté. Les maymaygwashi, nebaunaubaewuk, ou saulteux (pour les français qui l’ont croisé près de Sault Sainte-Marie, d'où le nom) sont des êtres à queue de poisson, au corps enfantin et au visage velu qui habitent dans des crevasses le long des rives escarpées du lac Supérieur.

 Les Anishinaabe, premiers habitants de la région, sont aussi été les premiers à nommer les esprits des eaux qui vivent dans les roches, les eaux et les forêts boréales d'Amérique du Nord. Ces derniers sont les gardiens de la Terre, ceux qui ne les honorent ou ne les respectent pas (à leurs risques et périls) manquent aussi d'honneur et de respect envers la Terre. Les Ojibwa le disent bien : ne jetez jamais de pierres sur un maymaygwashi ! Ils contrôlent la pêche et peuvent décider qui reviendra bredouille. Les amérindiens leur ont toujours fait toutes sortes d’offrandes : des chiens, des fusils, des pièges, de l’alcool, mais aussi et surtout du tabac.

Ces siréneaux attirent parfois les mortels dans les profondeurs où ils sont transformés à leur tour en êtres mi-hommes mi-poissons. Lorsqu’ils apparaissent aux hommes, c’est souvent en posant une main sur la hanche, tandis que la seconde est levée. Salut ou avertissement, nous n’en savons pas plus. On dit, nous autres européens, que le maymaygwashi est le léprechaun des amérindiens. Mais peut être le léprechaun est-il un maymaygwashi irlandais ?

Les maymaygwashi semblent avoir disparu depuis bien longtemps, mais leurs traces se trouvent encore sur les falaises qui bordent la rive nord du lac Supérieur. On y voit des peintures rupestres et des empreintes de mains, peintes à l’ocre rouge sur le roc. Les Ojibwas disent que ce sont les siréneaux qui ont fait ces empreintes en élevant leurs mains hors des eaux.

Les Memegwicios sont des pygmées des terres désertiques, de la taille d’enfants de dix à onze ans, avec des corps couverts de poils et nichant sur les hautes corniches rocheuses des Badlands. Ils sont peut-être cousins du Maymaygwashi.

Article wikipédia concernant le Maymaygwashi

Bibliographie

  • John Henricksson, North Writers : A Strong Woods Collection University of Minnesota Press, 2000.
  • Michael Furtman, A Season for Wilderness, Natl Book Network, 1991.
  • Anthropological Research Center of Northern New England, Man in the Northeast, Issues 35-40, 1988.
  • Michel Meurger et Claude Gagnon, Monstres des lacs du Québec: mythes et troublantes réalités, Stanké, 1982.