Observatoire

 L'observatoire est une joyeuse plate-forme d'où on consigne toutes sortes de choses à propos des êtres et créatures fabuleux. Il doit beaucoup au travail de l'elficologue Pierre Dubois et à Jorge luis Borges, l'auteur du livre des êtres imaginaires, qui dit un jour que la zoologie des songes est plus pauvre que la zoologie de Dieu. Les cabalistes de l'imaginaire lui dédient ce site mais pensent aussi qu'il a pu se tromper sur ce point, voyez plutôt...



Bayard, cheval de légende : c'est vendredi ! PDF Imprimer Envoyer
Chevaux
Écrit par Tsaag Valren   
Lundi, 09 Avril 2012 14:14

Bayard, cheval de légende

Bayard, cheval de légende est une exposition itinérante que j'ai créée avec Hervé Gourdet. Entièrement consacrée au célèbre cheval-fée des Ardennes, elle partira au galop de l'hôtel de ville de Bogny-sur-Meuse ce vendredi 13 avril prochain à 18 heures, pour cavaler dans toute l'Europe puisque différentes traductions des panneaux sont en cours.

Les pas gigantesques du cheval Bayard éclipsent parfois ses quatre cavaliers, les fils Aymon. Rien d’étonnant puisqu’il descend, dit-on, d’un dragon dont il aurait hérité sa couleur brun-rouge. « Animal du printemps et des forces vives », capable de bondir sur trente kilomètres, de créer monts, ravins et vaux à la force de ses sabots, d’allonger son dos pour porter les quatre fils et de ranimer quiconque boit son sang en pleine forêt, Bayard est, sans doute aucun, le plus grand des chevaux du légendaire d'Europe de l'Ouest. Ce géant a pourtant failli mourir quand Renaud de Montauban, à qui il a tant donné, l’a livré à Charlemagne pour sceller la paix. L’empereur ordonne de jeter l’animal-fée dans le Rhin ou la Meuse, l’encolure lestée d’une lourde meule, mais Bayard parvient à briser l’objet d’un coup de sabot. Survivant et vaincu, il s’enfuit vers la forêt d’Ardenne pour ne plus la quitter. Chaque solstice d’été le tire de sa léthargie séculaire, son puissant hennissement retentit  de la Sambre à la Famenne, de Charleville à Liège ou Dinant. Dix-huit tableaux, autant d'aspects de la légende, des plus fameux aux mieux cachés, invitent à suivre les traces du cheval Bayard.
 
Une bibliographie de plus de 40 ouvrages forme la source principale de l'exposition, complétée par des collectages oraux auprès de sachants et d'érudits, en Picardie et ailleurs...

Un groupe Facebook en indique les différentes étapes.

Merci à Laetitia Bataille, de la revue Cheval Savoir, pour son article.

 
Résultats du Wikiconcours septembre 2011 : les nains à l'honneur ! PDF Imprimer Envoyer
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Fées, elfes & lutins
Écrit par Tsaag Valren   
Jeudi, 15 Décembre 2011 10:34

Nain de jeux de rôle

Les premiers résultats du Wikiconcours de septembre 2011, un concours bisannuel interne à la Wikipédia francophone, ont été annoncés. Comme l'an dernier avec l'article des fées, l'équipe numéro 7 - dont je fais partie avec Mafiou44 et Prosopee, décroche le doublé du meilleur travail global et du meilleur article réalisé avec celui des nains.

Un travail de fond sur deux mois, étayé par les ouvrages de Claude Lecouteux et Pierre Dubois.

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Les lutins sur Wikipédia PDF Imprimer Envoyer
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Fées, elfes & lutins
Écrit par Tsaag Valren   
Jeudi, 03 Novembre 2011 13:55

Lutin par Godo Peut-être avez-vous, par curiosité, tapé "lutin" (et non tapé des lutins, promis, je range cet humour pourri) sur un moteur de recherche, et vu l'article de Wikipédia au sujet de ces petites créatures. Il vient d'être plébiscité au vote d'article de qualité, en ce 3 novembre.

Un tel résultat n'aurait pas été possible sans l'aide de l'illustrateur Godo, qui a réalisé bénévolement le dessin ci-contre en quatre heures. L'article lui-même a été rédigé en trois semaines, mais j'avais déjà chez moi un très grand nombre de documents (les livres de Claude Lecouteux et les encyclopédies de Pierre Dubois, en particulier, forment actuellement les meilleures sources que l'on puisse trouver, bien meilleures que chez leurs copieurs, que je ne citerai pas pour ne m'attirer d'ennuis ici !)

Hoplà, n'allons pas croire pour autant qu'étudier les lutins est simple ! Pour commencer, ils ne se laissent ni attraper ni même nommer. Il a fallu trouver, dès le début, qui appartient à la famille des "lutins", qui s'attache à celle des nains. Ne sachant, par exemple, si le nuton est plutôt nain ou plutôt lutin, j'ai fini par lui créer un article à lui tout seul. 

Soit, seront "lutins" tous ceux qui vivent dans les maisons, et seront nains ceux des montagnes, disent quelques livres dont nous avons choisi de suivre les auteurs. Les difficultés ne s'arrêtent pas là, car les lutins ont plus ou moins disparu des croyances au début du XXe siècle, et pas un chercheur, pas même le sage Claude Lecouteux, ne disait pourquoi. J'ai finalement trouvé une piste dans une interview du franc-conteur comtois Hervé Thiry-Duval, que je remercie ici pour sa gentillesse. Et bien sûr, Claudine Glot et Pierre Dubois, qui m'ont donnée quelques bons conseils lorsqu'il le fallait.

Cet article, j'ai tenté de l'écrire comme j'aurais aimé le lire dans une encyclo, sérieux mais fendart, je me suis amusée même si on n'écrit pas toujours sur Wikipédia comme on l'aimerait dans un livre. Il ne vaut peut-être pas l'encyclo des lutins de Pierre Dubois, mais il permet, enfin, à qui veut se renseigner sur les lutins de trouver ce qu'il cherche d'un clic.

 L'article des lutins sur Wikipédia, c'est là ! 

Amélie Tsaag Valren

PS : Existent aussi un compte-rendu du Peuple féerique et un avis du blog des créatifs culturels, concernant cet article.

 
Terre-Neuve, terre sans lutins ? PDF Imprimer Envoyer
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Fées, elfes & lutins
Écrit par Tsaag Valren   
Jeudi, 20 Octobre 2011 23:39

J'avais lu, dans le beau livre Fées, elfes, dragons et autres créatures des royaumes de féerie cette phrase d'Hervé Glot : « Pierre Dubois est à l'origine du retour du petit peuple et du réveil des fées en France ». D'où la question : les créatures de féeries peuvent elles disparaître totalement, ou bien se trouve t'il toujours un conteur, un passeur, un ou une d'ailleurs, pour retrouver de vieux récits, réveiller la mémoire populaire et dire haut et fort "je crois aux fées et aux lutins" ?

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Le symbolisme du cheval noir, partie 1 PDF Imprimer Envoyer
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Chevaux
Écrit par Tsaag Valren   
Lundi, 01 Août 2011 23:35
Богатырский скок par Wastenov, 1914
 
Héros d’une histoire symbolique aussi longue que riche, le cheval noir est surtout un symbole de mort et d'hérésie en Europe occidentale. Une déchéance qui dure, eugénisme sans génie aidant, jusqu'à l'époque des Westerns. Les Arabes, les Espagnols et les Allemands jouent les dissidents en faisant grand cas de lui, les Russes lui dédient la jeunesse, quant aux Africains, ils le sacrent symbole de beauté.

« Parfois dans notre sommeil notre âme d'effroi pleine
S'évade et sent derrière elle l'haleine.
De quelque noir cheval de l'ombre et de la nuit 
»
Victor Hugo, Légende des Siècles.

Un grand chercheur, Jacques Duchaussoy pour ne pas le citer, a un jour consacré une vingtaine de pages au fameux cheval blanc des mythologies et du prince charmant. À ces licornes et au Pégase caravolant de l’Asie mineure au sud de l’Angleterre existe un pendant, le cheval noir, inspirateur de croyances populaires, de superstitions, de contes et d’écrivains anglo-saxons, en particulier à l'ère des westerns.

Héros d’une histoire symbolique aussi longue que riche, « animal des ténèbres et des pouvoirs magiques » pour les peuples antiques, « funéraire et psychopompe » par excellence, le cheval noir devient le porteur de la mort et du Diable, un symbole d'hérésie en Europe occidentale. Une déchéance qui dure, eugénisme sans génie aidant, jusqu'aux années 1950. Les Arabes, les Espagnols et les Allemands jouent les dissidents en faisant grand cas de lui, les Russes lui dédient la jeunesse, quant aux Africains, ils le sacrent symbole de beauté.

«La plupart des animaux noirs subissent une déchéance symbolique, qu'il s'agisse du corbeau célébré par les croyances païennes (pourtant le plus intelligent des oiseaux) ou du chat (pourtant bien utile dans les campagnes) devenu compagnon de sorcières et brûlé au bûcher»

Des légendes arthuriennes aux westerns américains, un point commun cependant demeure : le cheval noir est alchimique. Il porte ce sombre chevalier que le quêteur du Graal croise une fois sur son chemin. Il galope à la tête d’un troupeau de mustangs et s’arrête près d’un point d’eau, comme pour attendre le lasso de l’errant qui ne peut partir à l’aventure sans lui. Toujours, toujours, au prix d’une lutte et d’une mise à l’épreuve. Il fascine encore, en témoignent ces nombreux ouvrages pour la jeunesse qui le mettent en scène. Étalons noirs, westerns et cavallino rampante, ce petit cheval cabré devenu l'emblème du constructeur automobile Ferrari, pourraient laisser croire qu’il est masculin. Il n’en est rien et pour la « ménagère de moins de cinquante ans », Tornado n'est pas qu'une marque d'aspirateurs… mieux, de toutes les couleurs équines, aucune n’est davantage associée aux femmes que celle-ci, divination et sorcellerie aidant. Zorro n’a pas changé mais Alec Ramsay, jockey de L'Étalon noir, laisse désormais sa place à la jeune Dina, dans cette interminable saga entamée par Walter Farley.

 Article écrit pour la revue en ligne Cheval Savoir, consultable ici 

 
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