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Rencontre avec Graziella Fanfan, fée échappée ! PDF Imprimer Envoyer
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Troupes de théatre
Écrit par Tsaag Valren   
Vendredi, 10 Décembre 2010 18:21

 

Une fée rayée de noir et blanc, tout de rouge chapeautée, s'est évadée de Lille le 27 novembre ! Les expéditionnaires du Fabyrinthe ont été bien en peine pour la retrouver, ils ont fouillé tous les cafés, une dizaine de salles sens dessous-dessus et autant de troncs creux avant de la dénicher ! Graziella Fanfan, de son vrai petit nom Charlotte Dubois (ne le dites pas trop fort puisqu'elle elle est recherchée) en a profité pour nous confier quelques secrets à propos de ses facétieuses envolées qui, espérons le, ne resteront pas toujours cantonnées aux Fée divers !

(Photo issue du spectacle Fée divers, le 27 novembre à l'Odéon, Lille. Prise par Stephane Bednarek)

Tsaag Valren : Bienvenue sur le Fabyrinthe, jeune fée bagnarde ! Avec ma petite compagnie d'expéditionnaires de l'imaginaire, et bien que nous surveillons la toile de près, nous avons eu la surprise de te voir arriver sans rien prévoir ! Alors, dis-nous, quel long chemin t'a donc menée au théâtre, et au succès après la première, ce 27 novembre dernier ?

Graziella Fanfan : Tout d'abord, merci de m'accueillir sur le Fabyrinthe. Commençons par le début ! En ce qui concerne mes premiers pas au théâtre, je les ai faits dans le cadre d'une option au lycée. J'ai eu la chance d'avoir comme professeur de théorie une vraie passionnée qui faisait venir de Paris de grands metteurs en scène, comme Jean-Paul Denizon, Benoit Richter ou Noël Casale, qui nous transmettaient à leur tour l'amour des mots et du jeu.

Cependant, je me suis écartée un temps de cet univers afin de faire pousser mon petit farfadet qui a bientôt 9 ans. Enfin bref je m'égare ! Il y a quelques années de ça, j'ai repris des cours de burlesque avec Boris Dymny et par la même replongé les deux pieds dans la marmite. Avec lui, nous avons monté un spectacle de théâtre de rue : « P. », l'histoire d'un Peter Pan et d'une Clochette coincés et perdus dans un monde qui ne leur ressemble plus. Et oui, c'est à ce moment précis que mes ailes m'ont grattouillé entre les omoplates, et j'ai compris qu'il était temps pour moi de les laisser repousser. Le personnage de « Graziella Fanfan » a jailli un soir d'hiver l'année dernière, il ne me restait plus qu'à lui donner une âme et c'est tout naturellement que j'ai enfin osé solliciter mon père pour qu'il lui insuffle sa première étincelle de vie.

 (à droite : Grazella Fanfan vue par Joann Sfar)

T.V :  Graziella Fanfan, c'est un nom original pour une fée, je trouve... ça vient d’où ? C'est italien ? Une référence au procès des fées de Sicile ? Ou c'est juste le premier nom qui s'est posé ?

G.F : Non non, ce n'est pas italien, bien que mes origines maternelles auraient pu effectivement être source d'inspiration. C'est beaucoup plus improbable que ça. En fée, je suis partie faire le festival d'Aurillac pour présenter « P. », alors que j'étais en pleine conversation téléphonique, on me demande de transmettre à mon interlocuteur le changement de nom d'un petit théâtre lillois, le zem, devenu Brazil afro funk. C'est là qu'au lieu de répéter le nouveau nom (que j'ai compris de travers), j'ai transmis au téléphone, je vous le donne en mille…  « Graziella Fanfan ! » tout le monde était hilare (oui, avec du recul ce n'est pas désopilant), du coup, ils ont passé le reste de l'été à m'appeler comme ça !

T.V :  Tu n'as jamais caché être la fille de Pierre Dubois, qui a d'ailleurs écrit tes textes, si je ne m'abuse. Faire aussi bien que lui, c'est placer la barre très haut ! Tu ne souffres pas des quelques ragots dans le genre « fille-de », « aidée », et autrondit ? Ambitionnes-tu de faire perdurer son travail, ou de le poursuivre ?


G.F : Alors oui, je suis bien sa fille, et non, je ne m'en cache pas ! D'ailleurs, auprès de qui pourrais je feinter puisque je ne suis ni connue ni reconnue ? J'ai encore bien du chemin à parcourir pour espérer avoir ne serait ce qu'un murmure me concernant.

Enfin je suis sur un petit sentier bien agréable puisqu’effectivement il m'a écrit et merveilleusement enrubanné les poèmes qu'un de ses amis, Jean pierre Croquet, m'a aidée à choisir. L'un m'a offert l'âme de Graziella et l'autre son caractère. Je reconnais l'incroyable chance que j'ai, cependant, il faut savoir qu'il n'y avait rien d'évident à demander à Pierre d’écrire les textes ! J'en ai mis, du temps, avant d'oser lui demander un tel présent… il m’a fallut lui prouver à demi-mots que j'en serai capable !

Le fait d'être sa fille m'a aidée en grande partie à solliciter de merveilleux dessinateurs pour qu'ils participent à l'élaboration  de mon site internet, dont certains auxquels il avait donné quelques années auparavant un petit coup de pouce. D’autres admiratifs et une petite partie, chère à mon cœur, qui sont mes amis. Je suis très reconnaissante envers mon père et j'avoue avoir éprouvé le pire trac de toute ma vie le 27 novembre dernier, car c'est la première fois qu'il voyait ses mots danser dans ma bouche.

Quant à poursuivre son œuvre, n'étant pas dotée du don d'écriture, je tente juste de me mettre au service de ses textes, si délectables à jouer dans la peau de ma petite bagnarde.

(à droite : Graziella Fanfan vue par son protecteur, Pierre Dubois)

T.V : Il m'a semblé - mais je me trompe peut-être ! Que ton spectacle a un coté militant, contre le mauvais-parler, l'édulcorisation des fées,  et pour la protection de la nature. J'ai bon ?

G.F : Depuis toute petite, je fus initiée à la musicalité des mots, la justesse de ceux que l'on veut employer, et un sacré paquet de jurons de pirates (surtout quand résonnaient les tronçonneuses au loin) !!! Bien sur, le spectacle appelle à croire encore et toujours aux fées, et, ce qui équivaut à la même chose, à protéger la nature. Mais attention, ce n'est pas du militantisme braillard ! Tout est glissé entre les lignes.

T.V :  Quels sont les plans de Graziella Fanfan pour les mois à venir ? Se désembastiller ? S'internationaliser ? Courir sur de trèèèèèès grandes scènes ? Ou juste animer les cafés qui sont, me semble t-il, des lieux que tu aimes particulièrement ?

G.F : Alors là, mystère ! Je ne sais pas encore ou ma Graziella Fanfan trouvera refuge, je sais qu'elle a plaisir à voyager au gré des demandes et du temps, et qu'elle ne ratera pour rien au monde toute occasion susceptible de la faire voler un peu et de poursuivre sa cavale dans des lieux nouveaux. C'est sur qu'elle a quelque chose de désuet et d'obsolète en ces temps de crise ou seul l'écoute de « zique » dans les bars percutent et captent toute l'attention. Mais ce n'est pas cela qui l'empêchera de faire tintinnabuler ses grelots ! La prison, les gardes, les filets à fées et autres flicailles ne l'ont pas arrêtée alors …vous risquez de la voir deci-delà errer dans les environs. Pensez donc, c'est une fée !!!

T.V : Merci, chère fée bagnarde, de t'être un temps échappée pour assouvir notre curiosité !

G.F : Un grand merci à vous pour avoir laissé ma petite ombre de fée se poser un instant sur votre épaule...

Ci-dessus : L'affiche du spectacle fée Divers.

Voir aussi : Le site très officiel de Graziella Fanfan

 

 
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