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Frédéric Anarratone 01-08-09 PDF Imprimer Envoyer
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Écrivains
Écrit par Tsaag Valren   
Samedi, 01 Août 2009 15:49
Oscarthur

Nous vous proposons aujourd'hui un entretien avec Frédéric Anarratone, l’auteur de la nouvelle saga de fantasy jeunesse des Terres franches (dont la critique du tome 1 est en ligne depuis quelques jours). C’est l’occasion de découvrir le parcours d’un auteur sympathique et de résoudre les questions que l’on ne manque pas de se poser à la lecture d’Oscarthur, premier tome de la saga des Terres franches.

Tsaag Valren: Bonjour Frédéric. En temps que nouvel auteur de fantasy francophone, pourriez-vous vous présenter ?

Frédéric Anarratone : Bien sur et avec grand plaisir. Je me nomme Frédéric Anarratone, je suis né à Boulogne-sur-mer dans le Pas de Calais et j’approche tout doucement du demi-siècle de présence sur cette bonne vielle planète. Mon nom de famille est d’origine italienne. Je suis médecin à Amiens, capitale de la Picardie. Bien que j’adore, par nature, les climats chauds et ensoleillés, c’est dans le nord de la France que je me suis posé, après des études de médecine, dans cette belle ville universitaire qu’est Amiens. J’ai quand même fait mon service national sur l'île de la Réunion, où je retourne très régulièrement pour me ressourcer. Je suis marié à une Frédérique et j’ai deux enfants dont je vous laisse deviner les prénoms. (Oscar et Arthur !). Sinon, j’adore le basket, la pêche, les jeux vidéos, les voyages et bien évidemment les mondes imaginaires.

T.V : Vous êtes médecin de formation ? Qu'est-ce qui vous a poussé à manier la plume en plus du stéthoscope ? Les lecteurs et les patients, c'est très différent, non ?

Frédéric : En fait, pas tant que ça. Beaucoup de médecins se lancent dans l’écriture à leurs heures perdues. Il faut savoir que les médecins utilisent beaucoup leur stylo dans la pratique quotidienne de leur art, parfois même davantage que leur stéthoscope. D’abord sur les bancs de la fac, puis pour rédiger leur thèse, leurs dossiers cliniques ou leurs articles scientifiques, enfin en délivrant leurs ordonnances. De plus, le médecin doit savoir écouter l'histoire de ses patients, observer, poser les bonnes questions et pour finir lutter contre les forces du mal à grands coups d'antibiotiques. Parfois, à force d'écouter, on a envie de raconter.


T.V : J'ai vu qu'Oscarthur fait la part belle aux créatures légendaires. Pour quelle raison, et quelles sont vos sources d'inspiration ?

Frédéric : Enfant, j’ai partagé le temps de mes premières lectures entre les livres sur la paléontologie et les recueils de mythologie. C'était vraiment les thèmes de prédilection pour la jeunesse à cette époque. Je connaissais chaque espèce de dinosaure et tous les dieux latins avec leur correspondance en grec. Adolescent, je n’avais pas de lecteur DVD ni les sagas intergalactiques à la Star Wars pour me divertir, c’est vers les péplums mythologiques et leurs animations en pâte à modeler que je me suis tourné pour vivre mes premiers émois cinématographiques. Entre Jason, Ulysse, Persée, les combats de squelettes ou de titans, les créatures marines et les apparitions divines, je me suis construit un imaginaire fantastique qui m'accompagne encore aujourd'hui quand j'écris de la fantasy. Il n'est donc pas surprenant de voir des griffons, des pégases et d’autres créatures mythologiques dans le monde d'Oscarthur.

T.V : J’ai un faible pour votre griffon, mais je suis étonnée qu’il n’ait pas plus d’appétit pour les chevaux !

Frédéric : Je connais cet aspect du griffon, et je trouve votre remarque très pertinente ! J'ai essayé de retranscrire ce caractère, mais peut-être pas suffisamment ?

T.V : C’est du pinaillage ! Pour rester dans le bestiaire fantastique : Si vous pouviez vous changer en n'importe quelle créature rien qu'en claquant des doigts, que deviendriez-vous et pourquoi ?

Frédéric : Je pense que je choisirais le phénix, l’oiseau légendaire qui se consume pour renaitre de ses cendres. J’aime bien l’idée d’avoir une seconde chance dans la vie. Cela donne le droit à l’erreur en quelque sorte. Même le guerrier le plus fort ou la créature la plus puissante peut faire un mauvais choix, être victime d’une maladresse ou tomber dans un piège. Le phénix (à l’instar du chat à neuf vies) peut se permettre bien des fantaisies. Il doit se sentir fort face à une mort qu’il ne craint pas. En plus, le phénix m’évoque un épisode d’Harry Potter et surtout une excellente bière mauricienne brassée sur l’Île de la Réunion. Enfin, je ne vous cacherai pas qu’il y a un phénix dans le tome 3 de la trilogie Oscarthur.

T.V : En lisant votre roman, j’ai trouvé quelques points communs avec d’autre cycle de fantasy jeunesse, comme la saga de Pug l’apprenti. Est-ce un pur hasard ou d’autres auteurs font-il partie de vos sources d’inspiration ?

Frédéric : Actuellement et depuis quelques années, je lis peu de fantasy. Par le passé, je me suis un temps régalé des écrits de Tolkien, Vance, Morkoc, Zelalny et puis c'est tout. Je n'ai jamais lu Pug par exemple (pas plus qu'Harry Potter). En fait, je préfère lire des choses différentes du genre que j'ai choisi comme mode d'expression. Peur d'être influencé ? Manque de temps ? Qualité indéniables d'autres supports comme les films ? Quand j'ai l'occasion de lire, je me jette plutôt sur le dernier stephen King, un Musso, un Dan Brown ou un Grangé... En revanche, je ne rate aucun film de fantasy...

T.V : Votre processus d’écriture ?

Frédéric : Je ne suis pas écrivain de métier et je ne me mets devant l'écran qu'une fois ma journée de travail terminée et ma petite famille couchée. C'est le destin de tous ceux qui écrivent. Il faut faire bouillir la marmite pour nourrir ses enfants, l'écriture arrive après. Oscarthur est un premier roman écrit tard dans la nuit.

T.V : (Un premier roman édité chez Bayard jeunesse quand même) Une question me travaille (si vous n’avez pas lu Oscarthur, attention : c'est un spoiler) : Pourquoi, au cours du roman, le jeune Phylassio quitte t’il la ville de Garnaad avec un voleur qu’il vient juste de rencontrer pour chercher un morceau d’ambre dans une dangereuse nécropole, alors qu’il serait si simple de faire autrement ?

Frédéric : Je pense que Phylassio et Angmar ont quitté Garnaad dans un élan de panique, poursuivis à la fois par les sbires de vingt-doigts et le jeune voleur ennemi d'Angmar. Comme ils sont tous deux inexpérimentés et ne connaissent rien du monde extérieur, Angmar propose instinctivement la seule destination qu'il connait capable de leur procurer un peu d'argent facile en dehors de la capitale : la nécropole. Phylassio doit penser à l'ambre une fois sur place. De toute façon, il n'y a pas de grosse ville en Terres franches, à part Garnaad. Les vraies villes sont sur le grand continent. Ils n'ont pas de vrai plan. Ils y vont à l'instinct. Ce sont des ados un peu perdus.

T.V : Quelques révélations sur les prochains tomes ?

Frédéric : Oscarthur compte trois tomes. Le second se passe en partie en Basseroche et voit une épée maudite poser son influence sur Phylassio, tandis qu'une créature venue d'un autre plan cherche à imposer sa domination sur Oscarthur. Le troisième opus est en cours d'écriture, et il fera la part belle aux métaux, aux forges, aux créatures de feu et reparlera de la cité souterraine d'où provient l'eau étincelante..

T.V : Je vous remercie d’avoir pris le temps de répondre à ces questions – parfois un peu bizarres ! -, et j’espère que les Terres franches connaîtront un long succès auprès des jeunes lecteurs !

Entretien réalisé fin juillet 2009

 

 
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